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Alors qu’il devrait y avoir prescription dans l’affaire très bientôt, la famille Fogel, qui a perdu cinq de ses membres lors de la tuerie d’Itamar en 2011, a indiqué ce lundi qu’elle avait saisi la justice.Par le biais de l’organisation Shurat HaDin – Israel Law Center, la plainte a été déposée devant le tribunal du district de Jérusalem contre les terroristes responsables de l’assassinat du père, de la mère et de trois de leurs six enfants.Parmi les accusés se trouvent l’Autorité Palestinienne et le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), à qui la famille réclame la somme de 400 millions de shekels (près de 934 000 euro).Pour les Fogel, ces organisations sont complices du massacre d’Itamar, ne serait-ce que par procuration. “Les terroristes reçoivent des salaires de l’Autorité Palestinienne, c’est quelque chose qui défie la logique et est contraire à la justice. Par le biais de cette plainte nous voulons envoyer un message à tous ceux qui ont encore un cœur”, a déclaré la famille. Avec ce recours à la justice, la famille Fogel veut également faire passer un message. “Ceux qui ont perpétré cette attaque contre notre famille adorée et ont du sang sur les mains ne vont pas s’en sortir, ils paieront pour ce qu’ils ont fait”, a indiqué Elihaï Ben Yishaï, le frère de Ruth Fogel, décédée lors de l’attaque.

4 membres de la famille poignardés à mort, le nourrisson décapité

Le 11 mars 2011 en milieu de soirée, deux Palestiniens du village d’Awarta s’introduisent dans l’implantation d’Itamar. Ils entrent dans une maison vide où ils volent une arme, avant de se diriger vers le domicile de la famille Fogel.
Hakim et Amjad Awad, âgés de 18 et 19 ans, poignardent sauvagement le père et la mère de famille, décapitent leur nourrisson de trois mois, et tuent deux autres de leurs enfants, présents ce soir-là dans la maison familiale.C’est Tamar Fogel, la fille aînée qui revient d’une soirée, qui découvrira les corps sans vie de ses parents et de ses trois frères. Elle a alors 12 ans. Deux autres enfants, eux aussi absents ce soir-là, ont survécu au drame.Un mois et demi après l’attentat, les deux terroristes avaient été arrêtés et avaient reconnu les faits. Jugés par le tribunal militaire israélien, ils avaient été condamnés à 130 ans de prison chacun.Aujourd’hui, la famille Fogel estime que cette peine est insuffisante. “L’Autorité Palestinienne savait, ou aurait dû savoir. Elle verse de l’argent à ces terroristes, qui tuent des Juifs, ou qui aident à les tuer. Ils fournissent des moyens de transports à ces meurtriers. Toutes ces mesures permettent et encouragent de nouvelles attaques”, précise le communiqué des 19 plaignants issus de la famille Fogel.
Le montant des indemnités demandées, inédit
Si c’est la première fois qu’une seule et unique famille demande une compensation financière aussi importante en Israël, le tribunal militaire a déjà reconnu la responsabilité directe de l’Autorité Palestinienne dans une autre affaire.Il y a trois mois, le tribunal du district de Jérusalem a condamné l’entité gouvernementale et six terroristes à régler 62 millions de shekels (près de 15 millions d’euro) de compensation financières au proche de la famille Ben Shalom, tuée sur la route 443, au début de la seconde intifada.Pour Nitsana Darshan-Leitner, même si les indemnités n’ont jamais été versées, ce recours à la justice visait à transmettre un message clair aux terroristes qui bénéficient des récompenses financières de la part de d’Autorité Palestinienne.”Même si près de sept années se sont écoulées depuis ce terrible massacre, nous n’oublierons pas et nous ne pardonnerons pas. L’Autorité palestinienne doit savoir qu’elle ne peut pas continuer à verser de l’argent à ceux qui assassinent des nourrissons en toute impunité”, a ajouté la présidente de Shurat HaDin.